jazz à mulhouse / chapelle saint-jean / 28 aug 2003

JOHN BUTCHER & GERRY HEMINGWAY

L'ALSACE | IMPROJAZZ

newspaper clipping

L'ALSACE

"It is so beautiful that one cannot speak about it." It is by these words that Paul Kanitzer, director of Jazz in Mulhouse, introduced the duet of the British saxophonist John Butcher and the American drummer Gerry Hemingway. "That, it is sacred", comments a spectator on the way out. A conquered audience, whose intensity of listening is a measurement of the amazing performance of the duet.

During one hour, they probed the minute together. Around a pivot note vibrated in a long behaviour, the saxophonist manages to make a harmonic spectrum of incredible richness leave his instrument.
Hemingway produces the same effects, a pallet of sounds inside the sound, by stroking a cymbal with the bow vigorously, or torturing with the palm of his hands the skins of his drums.

One feels a rare control which makes it possible for the musicians to create an amazing score, never heard. A scintillating cascade, luminous with the accents ravéliens, congestive éructations, strident sudden starts, whistles..
One passionately follows them in this sound exploration which, while remaining confined on a territory at the exiguous borders, does not offer the same landscape twice.
The images march past. The emotion is born from permanent astonishment. An astonishment which one owes as much to the extraordinary technical performance as to the purity and aesthetic quality of the music.

« C'est tellement beau qu'on ne peut pas en parler ». C'est par ces quelques mots que Paul Kanitzer, directeur de Jazz à Mulhouse, a introduit le duo du saxophoniste britannique John Butcher et du batteur américain Gerry Hemingway. « Ça, c'est sacré », commente une spectatrice à la sortie. Auditoire conquis, dont l'intensité de l'écoute est à la mesure de la prestation stupéfiante du duo.
Pendant une heure, ils ont sondé ensemble l'infime. Autour d'une note pivot vibrée dans une longue tenue, le saxophoniste parvient à faire sortir de son instrument un spectre harmonique d'une incroyable richesse.
Hemingway produit les mêmes effets, une palette de sons à l'intérieur du son, en caressant énergiquement une cymbale à l'archet, en torturant avec la paume de ses mains les peaux de sa caisse claire.
On touche à une maîtrise rare qui permet aux musiciens de créer une partition inouïe, jamais entendue. Cascade scintillante lumineuse aux accents ravéliens, éructations congestives, soubresauts, sifflements stridents
On les suit passionnément dans cette exploration sonore qui tout en restant confinée sur un territoire aux frontières exiguës, n'offre pas deux fois le même paysage,
Les images défilent. L'émotion naît de l'étonnement permanent. Un étonnement qu'on doit autant à la performance technique prodigieuse qu'à la purité et à la qualité esthétique de la musique.

© Frederique Meichler


IMPROJAZZ

The duet of John Butcher and Gerry Hemingway bewitched the Chapelle Saint Jean. In a slow and meticulous progression, the natural charm of the saxophonist and the precision of the drummer (with his refined elegance) take you by the guts, and do not release you, on a voyage which one would like to be infinite and perpetual. Butcher is locked up in extreme concentration, sometimes seeming in levitation to offer unheard-of sonorities - constantly in a swarming of sounds, extracted from an altogether traditional kit by Hemingway, who is apparently more relaxed, but who takes care by attentive listening to react to the least sudden start of his companion. Really a moment of rare magic, where emotion is vibrating, present everywhere in the air filled majestically by these two astonishing musicians. You understood that for me, it was the most beautiful moment of the festival.

Le duo de John Butcher et Gerry Hemingway a autrement envoûté les lieux (la Chapelle SaintJean). Dans une progression lente et minutieuse, le charme naturel du saxophoniste et la précision du batteur, d'une élégance raffinée, vous prennent aux tripes et ne vous lâchent plus, pour un voyage que l'on voudrait infini et perpétuel. Butcher s'enferme dans une concentration extrtrême, semblant parfois en lévitation pour offrir des sonorités inouïes, soutenu par un fourmillement de sons (extraits d'une batterie somme toute classique) par Hemingway qui est apparemment plus décontracté mais qui prend le soin d'une écoute attentive pour réagir au moindre soubresaut de son compagnon de scène. Vraiment un moment d'une magie rare, où l'émotion est vibrante, présente partout dans l'air rempli majestueusment par ces deux musiciens étonnants. Vous avez compris que pour moi, ce fut le plus bel instant du festival.

© Phillipe Renaud